Le Global Innovation Index 2013

L’Afrique et l’innovation

Le Global Innovation Index (GII) 2013 (http://www.wipo.int/econ_stat/en/economics/gii/) a été publié au début du mois. Il n’y a toujours pas un seul pays africain dans les 50 premiers, même si l’Afrique a globalement avancé: plusieurs pays ont gagné des places.
L’Ile Maurice est 53ème sur 142 pays classés; six autres pays sont dans le top 100: l’Afrique du Sud (58e), l’Ouganda (89e), le Botswana (91e), le Ghana (94e), le Sénégal (96e; gagne une place) et le Kenya ( 99e). Mais il convient aussi de noter que parmi les 42 derniers 26 sont africains. De même, dans le Doing Business 2013 (185 pays classés: http://francais.doingbusiness.org/reports/global-reports/doing-business-2013), même si Maurice (19e), l’Afrique du Sud (39e) et la Tunisie (50e) sauvent l’honneur, l’Afrique reste à la traîne: 16 pays dans les 20 derniers du classement.
Beaucoup de chemin encore à parcourir! Mais au fond, il n’y pas de mystère: pour espérer sortir du sous-developpement, il faudra une bonne dose d’audace et de courage, énormément d’efforts et surtout une probité morale et intellectuelle sans faille.

“La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.”

Merci et bonne soirée

Les chefs d'état sénégalais et l'innovation

Le Sénégal en est à son 4ème chef d’état en 53 ans d’indépendance, et zéro coup d’état. Belle preuve de stabilité et formidable avantage compétitif. Avantage malheureusement mal exploité par nos 3 premiers chefs d’état soit par manque d’audace, soit par manque de sagesse.
Le Président Senghor a été le principal artisan de la création de l’état-nation au Sénégal dont un des résultats est la stabilité actuelle du pays. Son profond attachement à la culture et à l’éducation a fait qu’il a fortement contribué à la formation de plusieurs générations d’intellectuels et de cadres sénégalais.
Mais Senghor n’était ni un bâtisseur (comme Houphouët), ni un visionnaire en matière économique. C’était un homme de compromis et de synthèse, un poète, un philosophe, une sorte d’intellectuel “français” modéré; l’archétype du bon élève de l’occident.
Son acte le plus innovant – qui lui a valu l’inimitié de ses pairs d’alors- c’est sa sortie, son abandon volontaire du pouvoir.
Le Président Abdoul Diouf, arrivé au pouvoir par la volonté de Senghor, a donné l’impression, au départ, de vouloir opérer des changements en profondeur, mais s’est révélé plutôt velléitaire. Démocratie intégrale (aucune limitation dans la création des parits politiques), loi sur l’enrichissement illicite, fort développement du secteur des télécoms sont à mettre à son crédit, même s’il n’a pas toujours été suffisamment ferme et résolu pour aller au bout de ses intitatives.
Toujours bon élève de l’occident et des institutions de Bretton Woods, il a failli être le bourreau de l’école sénégalaise avec l’application des poltiques d’ajustement structurel. Il n’a pas non plus été un modèle de gouvernance vertueuse; des scandales non encore élucidés ont fleuri pendant son règne et la plupart des sociétés d’état ou parapubliques ont été des modèles de mauvaise gestion, des gouffres à sou et des vaches à lait pour les politiciens: Dakar Marine, Caisse de Péréquation, LONASE, etc.
Abdou Diouf était censé être un technocrate, donc attendu sur l’économie, mais en dehors de quelques actions d’éclat et d’une politique économique rigoureuse vers la fin de son règne (plan Sakho-Loum), il a globalement déçu. Il donnait l’impression d’un roi fainéant qui avait délégué la gestion du pays à son principal collaborateur qui n’en a pas forcément fait bon usage.
Le Président Aboulaye Wade, lui, avait tous les atouts pour réussir le décollage du Sénégal, parce que portév au pouvoir par une vague populaire avide de changement et une jeunesse mobilisée et prête à relever les défis du développement. Malgré la réalisation d’infrastructures importantes et une certaine ambition dans ce domaine, il a cruellement manqué de hauteur de vue, de grandeur d’âme et de sagesse. Et pourtant, c’éatait le plus apte de nos chefs d’état à innover, car capable de sortir du politiquement correct, du prêt-à-porter idélogique et des autoroutes de la conformité. Mais, il s’en malheuruesement servi pour amuser la galerie, pour essayer de “briller” et non pour nous proposer et assoir une alternative crédible et durable aux politiques classiques; il a souvent fait illusion. Wade avait peut-être de grands projets, mais pas de grands desseins.Beaucoup de théories fumeuses, une incitation de ses partisans à l’enrichissement illicite et sans cause, une forte propension au népotisme éhonté, un cynisme et un rapport à certaines valeurs fondamentales de notre société indigne d’un sénégalais de son âge.
Et le Président Macky Sall, que peut-on dire de lui? Pas grand-chose pour le moment! Peut-être est-ce trop tôt. Pour un observateur externe comme moi, un constat simple est à faire pour le moment: la rupture n’est pas encore au rendez-vous. Le sera-t-elle un jour? Wait, act and see.
Merci et bonne soirée.