Faire sa part

Faire sa part, la légende du colibris
Le colibris est un petit oiseau presqu’insignifiant. Je vous invite à méditer sa légende tirée d’un conte amérindien:
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .
Merci et à bientôt

Innovation inversée, vous avez dit “reverse innovation”?

Ce jeudi 10 octobre 2013, j’ai participé à la 2ème édition d’une fort intéressante manifestation, l’IT Invest&Innovation Forum. L’initiative et le mérite sont à porter au crédit d’un sénégalais du nom de Mohamadou Diallo, Directeur de publication du l’excellent journal, CIO Mag (www.cio-mag.com ). Fait marquant : la Côte d’Ivoire était fortement représentée par le gotha du monde des TIC (ministre, Président et DG de l’agence de régulation, Président du Fonds du Service Universel) et par le Président de l’Association Professionnelle des Banques alors que le Sénégal institutionnel brillait par son absence. Simple constat. Des questions importantes y ont fait l’objet d’échanges fructueux et de haute facture : i) promotion des projets et solutions numériques innovants en Afrique ii) révolution numérique, politiques publiques et nouveaux instruments de soutien iii) rôle du capital investissement comme catalyseur de l’innovation iv) innovation : les enjeux du mobile banking/payment en Afrique v) villes intelligentes (smart cities), quels sont les atouts pour l’Afrique ?

L’évocation du concept d’innovation inversée (« reverse innovation » inventée et théorisée, semble-t-il, à l’Université de Princeton ?) par le modérateur du premier panel – Directeur associé d’un grand cabinet international connu – m’a fait bondir et m’a donné l’occasion de faire un recadrage théorique et historique sur la notion d’innovation. L’occasion était d’autant plus belle que j’avais porté la contradiction par écrit au même consultant en commentant une de ses interviews dans le journal l’Express du 7 octobre 2013. Il y avait doctement parlé en long et en large de l’innovation inversée avec force exemples tirés de réalisations prestigieuses faites en Afrique ; j’avais hâte de lui porter la contradiction.
L’innovation inversée est un concept condescendant qui désigne en quelque sorte toutes les réalisations innovantes nées dans les pays africains, sud-asiatiques et sud-américains, puis reprises, imitées par les pays développées d’Europe et d’Amérique du Nord. Quoi de plus normal pour une innovation que d’être imitée ; c’est le propre même d’une innovation, c’est le signe de sa réussite.

En clair, selon les tenants de ce concept absurde, l’innovation semble être l’apanage et la propriété d’une certaine partie de l’humanité (les humains du centre) ; les innovations réalisées par les autres (les humains de la périphérie) sont affublées du qualificatif quelque peu dévalorisant d’inversé. La réalité est que l’innovation est consubstantielle de l’évolution de l’humanité : de Toumaï à Steve Jobs, l’être humain a innové pour survivre, pour réussir, pour gagner.
De la maîtrise du feu à celle de l’atome, des sociétés humaines essentiellement régies par la loi animale du plus fort à celles policées par la morale et les valeurs religieuses, de l’usage de la pénicilline à la thérapie génique, des chaises à porteur de l’Egypte antique à l’Airbus A380, des tablettes sumériennes au Kindle – liseuse – d’Amazon, des cauris de l’empire du Mali au mobile money, … des êtres humains ont tout simplement eu l’audace de penser différemment, de sortir des autoroutes de la conformité et ont ensuite eu la volonté d’agir concrètement pour réaliser des choses qui améliorent la vie de leur communauté.
Au demeurant, force est de constater que la majeure partie des pays d’Afrique reste encore à la traine en matière d’innovation probablement à cause de certaines circonstances historiques, mais surtout à cause de l’égoïsme des élites politiques, intellectuelles et instruites et aussi d’une certaine passivité des peuples. Et pourtant, la seule façon de faire taire ces porteurs de théories et concepts ethnocentriques et condescendants, tous ceux-là qui nous aiment bien en nous regardant de haut est de jouer notre partition dans le concert des nations et de répondre honorablement présent au rendez-vous du donner et du recevoir. Pour cela, le chemin est celui de l’audace, de la créativité et de l’innovation.

« Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment »

Merci et bonne journée.

La vraie gouvernance sobre est une exigence rationnelle

L’information a fait le tour de l’Afrique en septembre, même si elle n’a pas été suffisamment relayée et commentée: la Présidente Joyce Banda du Malawi vend son avion présidentiel au profit des plus pauvre. Cet avion, acquis par son prédécesseur à 22 millions USD, coûte 300.000 USD par an au contribuable malawite, alors que 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bel exemple, symbole fort, mais surtout décision rationnelle. Le dirigeant d’un PPTE (pays pauvre très endetté) doit-il raisonnablement acquérir, essentiellement pour son confort, un avion qui coûte plusieurs millions de dollars en investissement et des centaines de milliers en charges courantes? Est-il raisonnable et conforme à l’éthique de s’offrir une limousine et des 8X8 d’apparat alors que des milliers d’enfants meurent de faim et de malnutrition, que des milliers de personnes meurent par manque d’hôpitaux et de centres de santé suffisamment proches, que les routes cahoteuses sont mortelles, que l’eau, source de vie, est rare, que la fourniture d’électricité est aléatoire?
Est-il compréhensible que le Président d’un PPTE dispose de plusieurs centaines de millions de dollars de fonds politiques pour réaliser des dépenses non-essentielles, souvent improductives, parfois malfaisantes?
Qu’on ne me parle pas d’attribut de souveraineté à propos de toutes ces choses secondaires! La vraie souveraineté commence par la capacité à organiser des élections démocratiques sans tendre la main à l’étranger, à assurer la gestion autonome de sa propre monnaie, ….
La rupture commence par des gestes symboliques forts. Sans leadership fort et éclairé, point de salut pour l’Afrique !
Merci et bonne journée.