FASO SOAP, vainqueur du Global Social Venture Capital

FASO SOAP, vainqueur du Global Social Venture Capital

L’Afrique et l’innovation (2)

Dans mon post du 7 avril, j’avais promis de partager avec quelques exemples d’innovations réalisées en Afrique.

Savez-vous que la finale mondiale de la Global Social Venture Capital (http://www.gsvc-essec.org/) a été remportée par deux jeunes Burkinabés, étudiants à 2iE : premier prix du jury et prix du coup de cœur du public. Qu’est-ce le GSVC ? C’est l’unique compétition internationale de Business Plans Sociaux, dédiée aux étudiants et jeunes diplômés, créateurs d’entreprises à fort impact social et/ou environnemental.  Qu’ont proposé Moctar et Gérard, les deux jeunes étudiants ? Ils ont créé FASO SOAP : c’est un savon anti-moustique accessible à tous,  produit à partir de ressources 100% locales permettant de protéger ses utilisateurs du paludisme (http://vimeo.com/63409639). Quelle pertinence ! Quelle réponse adéquate à un besoin essentiel de nos populations ! Voilà une belle illustration de l’Afrique qui innove et qui avance. Dans bien d’autres domaines, des africains, jeunes et moins jeunes, adoptent une posture ambitieuse et se mettent en situation de franchir une « Nouvelle Frontière ».

Il y a deux semaines, j’étais à Dakar dans le cadre de mes activités professionnelles et ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de porteurs de projets dans le domaine des TIC, en particulier dans celui des services à valeur ajoutée accessible via le téléphone mobile. J’ai été non pas surpris, mais très positivement impressionné par la qualité et le caractère potentiellement innovant des projets qui nous (mon équipe et moi) ont été présentés. Pour résumer ma pensée et qualifier ces projets de façon simple, j’emprunterai les mots du Président Senghor : enracinement et ouverture. Enracinement aux besoins du terrain et à la culture locale, ouverture vers les technologies les plus avancées.

Des échos qui me viennent des différentes parties de l’Afrique, les initiatives privées dans les TIC foisonnent, de bons projets qui ne demandent qu’à être accompagnés émergent. Mais, malheureusement, les états, dans leur grande majorité, malgré leurs déclarations d’intention et leurs professions de foi sur le caractère stratégique des TIC, peinent à apporter le soutien minimal nécessaire à la concrétisation de ces projets, à leur transformation en véritables innovations qui améliorent la vie des africains.

Je voudrais avant de finir revenir à mes exemples et en détailler deux :

1)          Le logiciel de gestion des banques de l’habitat : conçu par Moustapha Sarr (Directeur Général de Crésus Afrique et ancien Directeur Moyens Informatiques et Méthode de la BH Sénégal) et développé dans les années 1980 par son équipe informatique aidée de consultants externes, il avait été choisi par les banques de l’habitat du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Congo. Il faisait alors référence dans son domaine grâce à sa flexibilité et son adaptabilité aux besoins liés au financement de l’habitat dans les pays concernés.

2)             Sonatel est née en 1985 d’une innovation voulue par l’état du Sénégal dans l’organisation institutionnelle du secteur des postes et télécommunications. A l’époque où l’état prenait cette décision de séparer la poste des télécommunications et de regrouper l’activité des télécommunications –nationales et internationales- dans une seule société nationale autonome, rares étaient les pays européens ou africains où une telle mesure était envisagée. Ensuite, la réussite s’est bâti, grâce à un leadership éclairé et à visage humain, sur une série d’innovations :

  1. Bonne gouvernance à l’époque où ce terme était quasi inconnu et pas du tout galvaudé comme aujourd’hui. Les maîtres mots ont été dès le début, en particulier à partir de 1988 : exemplarité, probité morale et intellectuelle, tolérance zéro à l’égard des voleurs et des fraudeurs ;
  1. Investissements massifs dans des technologies avancées et volonté d’une large couverture du pays : réseau de communication de données X25 pour les entreprises en 1988, vaste programme de téléphonie rurale – déjà en 1990, le slogan était « mettre chaque sénégalais à moins d’une heure de marche d’un téléphone qui fonctionne avant 2005 »-, vaste programme d’automatisation et de numérisation du réseau dans toutes les régions du pays à partir de 1987-1988, introduction de la Fibre Optique en 1990-1991, création du 1erISP sénégalais en 1991, participation à plusieurs projets de câbles sous-marins par fibre optique (3 autoroutes différentes pour sortir du Sénégal aujourd’hui), réseau IP pour les entreprises, mobile GSM en 1996, ADSL en 2003, mobile 3G en 2008, etc.
  1. La privatisation de l’entreprise en 1997 avec la décision clairvoyante prise par l’état de privatiser avant de libéraliser, se détourant des conseils de « ceux qui détiennent la vérité et se sont toujours trompés » et donnant la chance au Sénégal d’avoir un opérateur historique fort. Il n’y a quasiment pas de pays avec un réseau de télécommunications développé sans opérateur historique fort.
  1. L’introduction en 1998 de l’entreprise à la Bourse Régionale d’Abidjan qui a permis de créer un actionnariat populaire au Sénégal et dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest. Sonate, seule entreprise sénégalaise présente à la Bourse d’Abidjan, représente encore de l’ordre de 40% de la capitalisation
  1. Croissance externe par l’acquisition de licences d’opérateurs dans la sous-région ouest-africaine.
  1. Fondation Sonatel : 1èrefondation d’entreprise au Sénégal créée en 2002, elle œuvre dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la culture et a des réalisations emblématiques comme l’IRM installé en 2009 dans un CHU de Dakar, la prise en charge médicale gratuite de personnes âgées, l’organisation du 1er téléthon pour la lutte contre le paludisme en 2003, le programme de scolarisation des jeunes.
  1. La politique sociale, avec en particulier l’actionnariat salarié et une politique d’habitat ambitieuse et adaptée au contexte local « un sonatélien, une maison avant la retraite ».
  1. Un syndicalisme clairvoyant et patriote qui s’est mobilisé à chaque fois que les intérêts de l’entreprise et du pays ont été menacés : un slogan évocateur, le patriotisme d’entreprise ».

Sonatel n’a pas manqué de faire des émules dans le monde des entreprises aussi au Sénégal qu’en Afrique et même largement au-delà ;

Je pourrai encore citer d’autres exemples d’innovations ou d’innovateurs tels que

–        Mo Ibrahim, fondateur de Celtel, qui a été le premier à croire au succès du mobile en Afrique,

–        mPedigree, solution développée par un Ghanéen utilisant le mobile pour lutter contre les médicaments contrefaits,

–        le succès phénoménal du mobile money au Kenya avec m-Pesa

–        CARDIOGLOB : c’est donc un projet développé par le Camerounais Marc Arthur Zhang. Son but est de réduire le taux de mortalité due aux maladies cardiovasculaires en palliant le manque de cardiologues dans les pays pauvres grâce à la mise en œuvre de méthodes innovantes permettant d’effectuer les examens cardiaques et l’interprétation à distance. Il utilise une transmission des données biomédicales via le réseau  téléphonique mobile.

Je sais que bien d’autres exemples, qui me sont inconnus, existent dans bien d’autres domaines tels que l’agriculture, l’entrepreneuriat social, la production d’énergie, l’utilisation des matériaux locaux dans la construction, etc. Les rares domaines où je n’ai trouvé presque aucune trace de démarche vraiment innovante restent ceux relatifs à nos institutions politiques et à nos politiques de développement.

Pour enrichir le débat, je vous invite à partager avec nous toute démarche susceptible d’apporter une innovation dans quelque domaine que ce soit.

Merci et à bientôt ; le sommeil me gagne.

Publié par Samba Sène à 00:05

MERCREDI 24 AVRIL 2013

Le prix de l’innovation pour l’Afrique (finalistes)

Le prix de l’innovation pour l’Afrique (finalistes)

L’Afrique et l’innovation (3)

Le prix de l’innovation pour l’Afrique a choisi ses 10 finalistes le 24 avril (http://innovationprizeforafrica.org/) Le gagnant sera annoncé le 7 mai à Cape Town et recevra 100 000 USD. Belle et louable initiative pour stimuler la créativité et développer l’esprit d’entreprise, même si elle reste un peu confidentielle. Pourquoi n’y a-t-il plus de communication pour mieux faire connaître une telle opération, d’autant plus qu’elle est organisée par la Fondation Africaine et surtout la Commission Economique pour l’Afriqueorganisme des Nations Unies ? Pourquoi rester aussi timoré lorsqu’il s’agit de faire savoir des choses sérieuses et essentielles ? Bien d’autres événements bien moins importants font l’objet d’une large publicité à travers les ondes africaines. Allez comprendre !

Un des finalistes m’a quand même interpelé : il s’agit de l’inventeur sénégalais Sanoussi Diakité et sa décortiqueuse de fonio (céréale connue en Afrique de l’Ouest). Avec son invention qui date de 1993, Sanoussi Diakité a déjà gagné plusieurs prix au Sénégal, en Afrique et dans le monde. Mais alors, un certain nombre de questions me viennent à l’esprit :

–      Que vient-il chercher dans cette compétition ?

–      Comment cela se fait-il qu’une telle invention n’ait pas encore pu passer à la phase industrielle 20 ans après? Y a-t-il des doutes sur son utilité ou sur la taille de son marché adressable ? Peut-il s’agir d’un problème de financement, si l’on sait que les ressources recherchées sont estimées à 520.000 € ?

J’espère que des lecteurs avertis pourront nous éclairer, car je n’arrive pas à comprendre qu’un inventeur reste sur les starting blocks pendant autant d’années.

Sans connaître les raisons de cette situation, je puis néanmoins affirmer que, dans tous les cas, le passage de l’innovation nécessite au moins une qualité essentielle qu’est la capacité d’exécution. « Elle consiste à savoir traduire ses décisions en actes, les mettre en œuvre en dépit des résistances, du chaos ou des obstacles imprévus. Celui qui possède cette qualité sait que gagner est affaire de résultats. » 1

Merci et à bientôt

1  Jack Welch « Mes conseils pour réussir »

Publié par Samba Sène à 21:46

DIMANCHE 28 AVRIL 2013

Le prix de l’innovation pour l’Afrique 2013

Le prix de l’innovation pour l’Afrique 2013

L’Afrique et l’innovation (4)
Le prix de l’innovation pour l’Afrique a livré son verdict (http://africaninnovationnews.com/news-3/#news3): le vainqueur est l’équipe sud-africaine de chercheurs et entrepreneurs d’AgriPortein Technologies qui a développé une nouvelle source de protéines animales à partir de larves de mouches. Cette invention, qui a d’énormes chances de devenir une véritable innovation, devrait avoir un impact très positif sur la réduction du coût des aliments en Afrique par une baisse notable du coût de l’alimentation du bétail pour les fermiers et producteurs africains.
Le 2ème prix a été décerné à la start-up tunisienne Saphon Energy qui a mis au point une éolienne sans pales en vue de produire une énergie propre et rentable.
Deux inventions prometteuses et opportunes: elles apportent des solutions originales dans deux domaines prioritaires en Afrique, l’alimentation et l’énergie.
Au delà du prix (100000 USD pour le 1er et 25000 pour le 2ème) que les promoteurs ont reçu, j’espère qu’ils bénéficieront de l’accompagnement (financier notamment) nécessaire pour créer rapidement une activité rentable et durable à partir de leur invention.
Merci et à bientôt

Banques et innovation

Banques et innovation

Je voudrais vous relater deux histoires bancaires qui ont été vécues par deux de mes amis cette semaine.
1) Le 1er est patron d’une PME qui est en train de réaliser une prestation pour une grande société de la place de Dakar. Pour terminer rapidement sa prestation et pouvoir facturer le solde de 8.500.000 FCFA, il a un besoin urgent de financement de 3.000.000 FCFA. Sa banque fait des histoires et se révèle incapable de lui accorder ce prêt de 3.000.000 FCFA dans des délais raisonnables.
Les mots de mon ami (en rouge dans son mail) à l’égard des banques sont très durs: ici la banque ne fait pas son boulot” . « Au Sénégal, les banques ne servent à rien du tout!!!”
2) Le 2ème est cadre dans une multinationale dans un pays francophone de la zone UEMOA (FCFA Afrique de l’Ouest). Pour un prêt de 6.000.000 FCFA u taux effectif de plus de 12% payable sur 2 ans, la banque, en plus des garanties habituelles (domiciliation de son salaire, police d’assurance, etc.), l’a obligé à ouvrir à un compte d’épargne bloqué: le montant mensuel de l’épargne représente plus 50% de la mensualité du prêt. Allez y comprendre quelque chose!
Ces deux exemples illustrent les difficultés qu’ont les ménages et les entreprises à se faire financer – à des coûts exorbitants-par les banques en zone UEMOA. Est-ce la même situation dans les autres zones pays d’Afrique? A voir.
Ces deux anecdotes m’emmènent à me poser un certain nombre de questions:
1) le conservatisme et la frilosité du secteur bancaire – en zone UEMOA- est-il compatible avec un financement de l’économie?
2) Dans ces conditions, n’est-il pas illusoire de penser à des financements innovants pour les start-ups et les entreprises innovantes? Quid du rôle de l’Etat?
Merci et à bientôt

L’Afrique, championne de l’innovation jamais réalisée

L’Afrique, championne de l’innovation jamais réalisée

L’Afrique et l’innovation (5)
L’Afrique, championne de l’innovation jamais commercialisée! C’est le titre d’un article que j’ai trouvé dans Jeuneafrique.com et dont je propose la lecture.
Auparavant, je voudrais vous livrer quelques éléments de réflexion rapides.
1) Depuis que j’ai commencé à réfléchir et à faire des recherches sur l’innovation en Afrique, je n’ai pas encore de trouvé de politique formelle de soutien aux innovations. Que des velléités et des actions isolées!
2) Dans le secteur que je connais le mieux, celui des télécommunications, la plupart des gouvernements se sont efforcés à amasser des sommes importantes par la vente de licences d’opérateurs mobiles, sans avoir une vraie vision de développement à long terme. Résultat: la plupart des pays sont encore largement en retard en matière d’accès à l’Internet et presque au degré “0” pour l’Internet haut et très haut débits. Le téléphone en Afrique a été et est mobile. L’internet en Afrique sera mobile ou ne sera pas. Les technologies pour le haut et le très haut débits existent: qu’attend-on? Il faut y aller maintenant pour éviter d’être des exclus de la vie et de l’économie numériques.
3) En matière de financement de l’innovation, j’ai constaté que dan la plupart des pays africains, c’était quasiment le désert. L’Afrique, peut-elle se développer sans innovations?
A lire sur Jeuneafrique.com:

Merci et à bientôt

Poltiques économiques et innovation

Poltiques économiques et innovation

Le FMI fait son mea culpa sur la gestion de la crise grecque: tel est le titre de l’article que j’ai lu dans le journal français Le Monde daté d’hier. Signe des temps: nous sommes dans l’ère de la vitesse; tout s’accélère, même la reconnaissacne par le FMI de ses erreurs. Concernant les PAS (politiques d’ajustement structurel) appliquées en Afrique dans les années 80, cela a pris au moins 20 ans.
Voici quelques lignes de cet article: ” hypothèses de croissance trop optimistes, sous-estimation de l’impact des mesures d’austérité budgétaire, erreur stratégique concernant la restructuration de la dette souveraine grecque qui aurait dû intervenir plus tôt, mauvaise coordination au sein de la troïka … Telles sont les principales erreurs …”. Y a-t-il eu autre chose que des erreurs?
Revenant aux PAS, je suis loin d’être économiste, mais mon bon sens ne me permet de comprendre comment la plupart des gouvernements africains ont pu accepter de renoncer à soigner leur peuple et à éduquer leurs enfants! Comment ont-ils pu accepter comme des moutons de Panurge d’appliquer ces mesures qui défient le bon sens? Peut-on éspérer se développer sans être soigné et éduqué? Seuls qui ceux qui pensent détenir la vérité et qui se sont toujours trompés peuvent le croire.
Autre chose: il semble qu’aucun des pays dits émergents aujourd’hui n’avaient accepté d’appliquer les PAS dans les années 80.
Une lueur d’espoir: l’Afrique est en train de faire son aggiornamento en matière de politiques économiques et ce n’est pas trop tôt. Mais, il faut aller plus loin: il faut vraiment innover dans dans ce domaine essentiel. Je ne suis pas économiste, je n’ai de solutions à proposer; j’en laisse le soin à mes amis économistes.
Merci et à bientôt

Les chefs d’état sénégalais et l’innovation

Les chefs d’état sénégalais et l’innovation

Le Sénégal en est à son 4ème chef d’état en 53 ans d’indépendance, et zéro coup d’état. Belle preuve de stabilité et formidable avantage compétitif. Avantage malheureusement mal exploité par nos 3 premiers chefs d’état soit par manque d’audace, soit par manque de sagesse.
Le Président Senghor a été le principal artisan de la création de l’état-nation au Sénégal dont un des résultats est la stabilité actuelle du pays. Son profond attachement à la culture et à l’éducation a fait qu’il a fortement contribué à la formation de plusieurs générations d’intellectuels et de cadres sénégalais.
Mais Senghor n’était ni un bâtisseur (comme Houphouët), ni un visionnaire en matière économique. C’était un homme de compromis et de synthèse, un poète, un philosophe, une sorte d’intellectuel “français” modéré; l’archétype du bon élève de l’occident.
Son acte le plus innovant – qui lui a valu l’inimitié de ses pairs d’alors- c’est sa sortie, son abandon volontaire du pouvoir.
Le Président Abdoul Diouf, arrivé au pouvoir par la volonté de Senghor, a donné l’impression, au départ, de vouloir opérer des changements en profondeur, mais s’est révélé plutôt velléitaire. Démocratie intégrale (aucune limitation dans la création des parits politiques), loi sur l’enrichissement illicite, fort développement du secteur des télécoms sont à mettre à son crédit, même s’il n’a pas toujours été suffisamment ferme et résolu pour aller au bout de ses intitatives.
Toujours bon élève de l’occident et des institutions de Bretton Woods, il a failli être le bourreau de l’école sénégalaise avec l’application des poltiques d’ajustement structurel. Il n’a pas non plus été un modèle de gouvernance vertueuse; des scandales non encore élucidés ont fleuri pendant son règne et la plupart des sociétés d’état ou parapubliques ont été des modèles de mauvaise gestion, des gouffres à sou et des vaches à lait pour les politiciens: Dakar Marine, Caisse de Péréquation, LONASE, etc.
Abdou Diouf était censé être un technocrate, donc attendu sur l’économie, mais en dehors de quelques actions d’éclat et d’une politique économique rigoureuse vers la fin de son règne (plan Sakho-Loum), il a globalement déçu. Il donnait l’impression d’un roi fainéant qui avait délégué la gestion du pays à son principal collaborateur qui n’en a pas forcément fait bon usage.
Le Président Aboulaye Wade, lui, avait tous les atouts pour réussir le décollage du Sénégal, parce que portév au pouvoir par une vague populaire avide de changement et une jeunesse mobilisée et prête à relever les défis du développement. Malgré la réalisation d’infrastructures importantes et une certaine ambition dans ce domaine, il a cruellement manqué de hauteur de vue, de grandeur d’âme et de sagesse. Et pourtant, c’éatait le plus apte de nos chefs d’état à innover, car capable de sortir du politiquement correct, du prêt-à-porter idélogique et des autoroutes de la conformité. Mais, il s’en malheuruesement servi pour amuser la galerie, pour essayer de “briller” et non pour nous proposer et assoir une alternative crédible et durable aux politiques classiques; il a souvent fait illusion. Wade avait peut-être de grands projets, mais pas de grands desseins.Beaucoup de théories fumeuses, une incitation de ses partisans à l’enrichissement illicite et sans cause, une forte propension au népotisme éhonté, un cynisme et un rapport à certaines valeurs fondamentales de notre société indigne d’un sénégalais de son âge.
Et le Président Macky Sall, que peut-on dire de lui? Pas grand-chose pour le moment! Peut-être est-ce trop tôt. Pour un observateur externe comme moi, un constat simple est à faire pour le moment: la rupture n’est pas encore au rendez-vous. Le sera-t-elle un jour? Wait, act and see.
Merci et bonne soirée.

Le Global Innovation Index 2013

Le Global Innovation Index 2013

L’Afrique et l’innovation Le Global Innovation Index (GII) 2013 (http://www.wipo.int/econ_stat/en/economics/gii/) a été publié au début du mois. Il n’y a toujours pas un seul pays africain dans les 50 premiers, même si l’Afrique a globalement avancé: plusieurs pays ont gagné des places. L’Ile Maurice est 53ème sur 142 pays classés; six autres pays sont dans le top 100: l’Afrique du Sud (58e), l’Ouganda (89e), le Botswana (91e), le Ghana (94e), le Sénégal (96e; gagne une place) et le Kenya ( 99e). Mais il convient aussi de noter que parmi les 42 derniers 26 sont africains. De même, dans le Doing Business 2013 (185 pays classés: http://francais.doingbusiness.org/reports/global-reports/doing-business-2013), même si Maurice (19e), l’Afrique du Sud (39e) et la Tunisie (50e) sauvent l’honneur, l’Afrique reste à la traîne: 16 pays dans les 20 derniers du classement. Beaucoup de chemin encore à parcourir! Mais au fond, il n’y pas de mystère: pour espérer sortir du sous-developpement, il faudra une bonne dose d’audace et de courage, énormément d’efforts et surtout une probité morale et intellectuelle sans faille. “La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.” Merci et bonne soirée

La nature comme source d’inspiration de l’innovation

La nature comme source d’inspiration de l’innovation

La nature comme source d’inspiration de l’innovation
 Je voudrais partager avec vous cet intéressant article sur le biomimétisme (http://blog.surf-prevention.com/2013/08/11/biomimetisme/) qui traite de l’innovation inspirée par la nature. Les exemples qui l’illustrent relèvent principalement des domaines technique et scientifique. Mais, je reste persuadé que l’observation attentive de la nature pourrait également nous inspirer dans d’autres domaines tels que la gestion de l’économie, l’organisation de la société, la préservation de l’environnement. C’est un vaste champ de recherche pour rendre la vie meilleure et assurer la survie de notre espèce.
 Merci et bonne journée.

Afrique, Haut Débit et innovation

Afrique, Haut Débit et innovation

Le mardi 20 août 2013, le fondateur et patron de Facebook a annoncé le lancement du projet internet.org (www.internet.org) destiné à connecter les 2/3 de l’humanité (5 milliards de personnes) qui n’ont pas encore accès à l’Internet. Compte de l’immensité de la tâche, Facebook s’est associé d’autres géants des TIC (Ericsson, Mediatek, Nokia, Opera, Qualcomm et Samsung) pour mener à bien ce projet philanthrope et intéressé. Cette importante initiative, qui fait écho au projet Loon de Google auquel j’ai consacré mon article du 22 juin dernier et qui s’appuie essentiellement sur le mobile, a pour objectif de relever 3 principaux défis : – faciliter l’accès à l’Internet par une action sur les coûts (utilisation des réseaux, smartphones low cost) et la desserte des zones géographiques éloignées et/ou isolées ; – améliorer l’efficacité de la transmission des données dans les réseaux, notamment en investissant dans le développement de nouveaux outils et méthodes de compréhension des données ; – promouvoir, développer investir dans de nouveaux modèles d’affaires et de nouveaux services pour permettre au plus grand nombre de se connecter à l’Internet. Ce nouveau projet lancé des acteurs majeurs des TIC, après celui de Google, suscite en mois quelques réflexions : 1) Les opérateurs de télécom, dont les infrastructures seront peu ou prou utilisées dans ce genre de projets, semblent être marginalisés par ces nouveaux géants qui pondent et couvent leurs œufs leur nid: aucun d’entre eux n’est partie prenante de ces initiatives. Pour survivre, ils doivent rapidement reprendre la main ; 2) « Connecter les non connectés » semble être devenu une affaire intéressante, car, malgré les professions de foi, ces projets n’ont pas qu’un but humanitaire. C’est un puissant relais de croissance future pour tous ces grands acteurs de l’économie numérique. Répondant à une question sur Google et les supposés bénéfices que la connexion à Internet peut apporter aux populations déshérités, Bill Gates disait récemment : « quand vous êtes en train de mourir de paludisme et que vous regardez le ciel et voyez un ballon, je ne suis pas sûr que cela puisse vous être d’un quelconque secours. Lorsqu’un enfant a la diarrhée, aucun site web ne peut le soulager. Je crois très fortement à la révolution numérique : connecter des centres de santé, des écoles, c’est une bonne chose. Mais toutes ces choses ne sont pas vraiment pour les pays très pauvres tant que ne vous luttez pas en même temps contre le paludisme ». Je suis d’accord avec lui : il faut démythifier l’Internet tout en restant un fervent partisan de son utilisation massive et volontariste dans tous les domaines d’activité ; c’est un accélérateur de développement, mais pas une panacée ; 3) L’Afrique officielle semble être absente de toutes ces initiatives, trop silencieuse. Qu’attendent l’UA (NEPAD ?), la CEDEAO, la SADDC pour lancer des initiatives d’inclusion numérique réalistes, réalisables et à fort impact sur la vie des populations africaines ; 4) Toutes ces initiatives, pour importantes qu’elles sont, semblent s’en tenir à apporter les moyens techniques et technologiques d’accès à l’Internet : réseaux d’accès aux zones les plus reculés, terminaux d’accès à bas coût. Mais il est très peu fait état des contenus, notamment ceux destinées à ceux qui ne savant ni lire, ni écrire. C’est vrai que ces nouveaux moyens d’accès permettront tous les usages possibles et imaginables ; mais pour qu’ils soient vraiment bénéfiques au plus grand nombre et qu’ils aient un véritable impact positif sur nos sociétés et nos économies, c’est dès maintenant qu’il faut commencer à concevoir à développer les services et applications vocaux et vidéos à base de contenus africains. Il est encore temps pour l’Afrique de jouer sa partition pour ne pas rater le train de la révolution numérique. Merci et bonne journée