Banques et innovation

Banques et innovation

Je voudrais vous relater deux histoires bancaires qui ont été vécues par deux de mes amis cette semaine.
1) Le 1er est patron d’une PME qui est en train de réaliser une prestation pour une grande société de la place de Dakar. Pour terminer rapidement sa prestation et pouvoir facturer le solde de 8.500.000 FCFA, il a un besoin urgent de financement de 3.000.000 FCFA. Sa banque fait des histoires et se révèle incapable de lui accorder ce prêt de 3.000.000 FCFA dans des délais raisonnables.
Les mots de mon ami (en rouge dans son mail) à l’égard des banques sont très durs: ici la banque ne fait pas son boulot” . « Au Sénégal, les banques ne servent à rien du tout!!!”
2) Le 2ème est cadre dans une multinationale dans un pays francophone de la zone UEMOA (FCFA Afrique de l’Ouest). Pour un prêt de 6.000.000 FCFA u taux effectif de plus de 12% payable sur 2 ans, la banque, en plus des garanties habituelles (domiciliation de son salaire, police d’assurance, etc.), l’a obligé à ouvrir à un compte d’épargne bloqué: le montant mensuel de l’épargne représente plus 50% de la mensualité du prêt. Allez y comprendre quelque chose!
Ces deux exemples illustrent les difficultés qu’ont les ménages et les entreprises à se faire financer – à des coûts exorbitants-par les banques en zone UEMOA. Est-ce la même situation dans les autres zones pays d’Afrique? A voir.
Ces deux anecdotes m’emmènent à me poser un certain nombre de questions:
1) le conservatisme et la frilosité du secteur bancaire – en zone UEMOA- est-il compatible avec un financement de l’économie?
2) Dans ces conditions, n’est-il pas illusoire de penser à des financements innovants pour les start-ups et les entreprises innovantes? Quid du rôle de l’Etat?
Merci et à bientôt

L’Afrique, championne de l’innovation jamais réalisée

L’Afrique, championne de l’innovation jamais réalisée

L’Afrique et l’innovation (5)
L’Afrique, championne de l’innovation jamais commercialisée! C’est le titre d’un article que j’ai trouvé dans Jeuneafrique.com et dont je propose la lecture.
Auparavant, je voudrais vous livrer quelques éléments de réflexion rapides.
1) Depuis que j’ai commencé à réfléchir et à faire des recherches sur l’innovation en Afrique, je n’ai pas encore de trouvé de politique formelle de soutien aux innovations. Que des velléités et des actions isolées!
2) Dans le secteur que je connais le mieux, celui des télécommunications, la plupart des gouvernements se sont efforcés à amasser des sommes importantes par la vente de licences d’opérateurs mobiles, sans avoir une vraie vision de développement à long terme. Résultat: la plupart des pays sont encore largement en retard en matière d’accès à l’Internet et presque au degré “0” pour l’Internet haut et très haut débits. Le téléphone en Afrique a été et est mobile. L’internet en Afrique sera mobile ou ne sera pas. Les technologies pour le haut et le très haut débits existent: qu’attend-on? Il faut y aller maintenant pour éviter d’être des exclus de la vie et de l’économie numériques.
3) En matière de financement de l’innovation, j’ai constaté que dan la plupart des pays africains, c’était quasiment le désert. L’Afrique, peut-elle se développer sans innovations?
A lire sur Jeuneafrique.com:

Merci et à bientôt

Poltiques économiques et innovation

Poltiques économiques et innovation

Le FMI fait son mea culpa sur la gestion de la crise grecque: tel est le titre de l’article que j’ai lu dans le journal français Le Monde daté d’hier. Signe des temps: nous sommes dans l’ère de la vitesse; tout s’accélère, même la reconnaissacne par le FMI de ses erreurs. Concernant les PAS (politiques d’ajustement structurel) appliquées en Afrique dans les années 80, cela a pris au moins 20 ans.
Voici quelques lignes de cet article: ” hypothèses de croissance trop optimistes, sous-estimation de l’impact des mesures d’austérité budgétaire, erreur stratégique concernant la restructuration de la dette souveraine grecque qui aurait dû intervenir plus tôt, mauvaise coordination au sein de la troïka … Telles sont les principales erreurs …”. Y a-t-il eu autre chose que des erreurs?
Revenant aux PAS, je suis loin d’être économiste, mais mon bon sens ne me permet de comprendre comment la plupart des gouvernements africains ont pu accepter de renoncer à soigner leur peuple et à éduquer leurs enfants! Comment ont-ils pu accepter comme des moutons de Panurge d’appliquer ces mesures qui défient le bon sens? Peut-on éspérer se développer sans être soigné et éduqué? Seuls qui ceux qui pensent détenir la vérité et qui se sont toujours trompés peuvent le croire.
Autre chose: il semble qu’aucun des pays dits émergents aujourd’hui n’avaient accepté d’appliquer les PAS dans les années 80.
Une lueur d’espoir: l’Afrique est en train de faire son aggiornamento en matière de politiques économiques et ce n’est pas trop tôt. Mais, il faut aller plus loin: il faut vraiment innover dans dans ce domaine essentiel. Je ne suis pas économiste, je n’ai de solutions à proposer; j’en laisse le soin à mes amis économistes.
Merci et à bientôt

Les chefs d’état sénégalais et l’innovation

Les chefs d’état sénégalais et l’innovation

Le Sénégal en est à son 4ème chef d’état en 53 ans d’indépendance, et zéro coup d’état. Belle preuve de stabilité et formidable avantage compétitif. Avantage malheureusement mal exploité par nos 3 premiers chefs d’état soit par manque d’audace, soit par manque de sagesse.
Le Président Senghor a été le principal artisan de la création de l’état-nation au Sénégal dont un des résultats est la stabilité actuelle du pays. Son profond attachement à la culture et à l’éducation a fait qu’il a fortement contribué à la formation de plusieurs générations d’intellectuels et de cadres sénégalais.
Mais Senghor n’était ni un bâtisseur (comme Houphouët), ni un visionnaire en matière économique. C’était un homme de compromis et de synthèse, un poète, un philosophe, une sorte d’intellectuel “français” modéré; l’archétype du bon élève de l’occident.
Son acte le plus innovant – qui lui a valu l’inimitié de ses pairs d’alors- c’est sa sortie, son abandon volontaire du pouvoir.
Le Président Abdoul Diouf, arrivé au pouvoir par la volonté de Senghor, a donné l’impression, au départ, de vouloir opérer des changements en profondeur, mais s’est révélé plutôt velléitaire. Démocratie intégrale (aucune limitation dans la création des parits politiques), loi sur l’enrichissement illicite, fort développement du secteur des télécoms sont à mettre à son crédit, même s’il n’a pas toujours été suffisamment ferme et résolu pour aller au bout de ses intitatives.
Toujours bon élève de l’occident et des institutions de Bretton Woods, il a failli être le bourreau de l’école sénégalaise avec l’application des poltiques d’ajustement structurel. Il n’a pas non plus été un modèle de gouvernance vertueuse; des scandales non encore élucidés ont fleuri pendant son règne et la plupart des sociétés d’état ou parapubliques ont été des modèles de mauvaise gestion, des gouffres à sou et des vaches à lait pour les politiciens: Dakar Marine, Caisse de Péréquation, LONASE, etc.
Abdou Diouf était censé être un technocrate, donc attendu sur l’économie, mais en dehors de quelques actions d’éclat et d’une politique économique rigoureuse vers la fin de son règne (plan Sakho-Loum), il a globalement déçu. Il donnait l’impression d’un roi fainéant qui avait délégué la gestion du pays à son principal collaborateur qui n’en a pas forcément fait bon usage.
Le Président Aboulaye Wade, lui, avait tous les atouts pour réussir le décollage du Sénégal, parce que portév au pouvoir par une vague populaire avide de changement et une jeunesse mobilisée et prête à relever les défis du développement. Malgré la réalisation d’infrastructures importantes et une certaine ambition dans ce domaine, il a cruellement manqué de hauteur de vue, de grandeur d’âme et de sagesse. Et pourtant, c’éatait le plus apte de nos chefs d’état à innover, car capable de sortir du politiquement correct, du prêt-à-porter idélogique et des autoroutes de la conformité. Mais, il s’en malheuruesement servi pour amuser la galerie, pour essayer de “briller” et non pour nous proposer et assoir une alternative crédible et durable aux politiques classiques; il a souvent fait illusion. Wade avait peut-être de grands projets, mais pas de grands desseins.Beaucoup de théories fumeuses, une incitation de ses partisans à l’enrichissement illicite et sans cause, une forte propension au népotisme éhonté, un cynisme et un rapport à certaines valeurs fondamentales de notre société indigne d’un sénégalais de son âge.
Et le Président Macky Sall, que peut-on dire de lui? Pas grand-chose pour le moment! Peut-être est-ce trop tôt. Pour un observateur externe comme moi, un constat simple est à faire pour le moment: la rupture n’est pas encore au rendez-vous. Le sera-t-elle un jour? Wait, act and see.
Merci et bonne soirée.

Le Global Innovation Index 2013

Le Global Innovation Index 2013

L’Afrique et l’innovation Le Global Innovation Index (GII) 2013 (http://www.wipo.int/econ_stat/en/economics/gii/) a été publié au début du mois. Il n’y a toujours pas un seul pays africain dans les 50 premiers, même si l’Afrique a globalement avancé: plusieurs pays ont gagné des places. L’Ile Maurice est 53ème sur 142 pays classés; six autres pays sont dans le top 100: l’Afrique du Sud (58e), l’Ouganda (89e), le Botswana (91e), le Ghana (94e), le Sénégal (96e; gagne une place) et le Kenya ( 99e). Mais il convient aussi de noter que parmi les 42 derniers 26 sont africains. De même, dans le Doing Business 2013 (185 pays classés: http://francais.doingbusiness.org/reports/global-reports/doing-business-2013), même si Maurice (19e), l’Afrique du Sud (39e) et la Tunisie (50e) sauvent l’honneur, l’Afrique reste à la traîne: 16 pays dans les 20 derniers du classement. Beaucoup de chemin encore à parcourir! Mais au fond, il n’y pas de mystère: pour espérer sortir du sous-developpement, il faudra une bonne dose d’audace et de courage, énormément d’efforts et surtout une probité morale et intellectuelle sans faille. “La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.” Merci et bonne soirée

La nature comme source d’inspiration de l’innovation

La nature comme source d’inspiration de l’innovation

La nature comme source d’inspiration de l’innovation
 Je voudrais partager avec vous cet intéressant article sur le biomimétisme (http://blog.surf-prevention.com/2013/08/11/biomimetisme/) qui traite de l’innovation inspirée par la nature. Les exemples qui l’illustrent relèvent principalement des domaines technique et scientifique. Mais, je reste persuadé que l’observation attentive de la nature pourrait également nous inspirer dans d’autres domaines tels que la gestion de l’économie, l’organisation de la société, la préservation de l’environnement. C’est un vaste champ de recherche pour rendre la vie meilleure et assurer la survie de notre espèce.
 Merci et bonne journée.

Afrique, Haut Débit et innovation

Afrique, Haut Débit et innovation

Le mardi 20 août 2013, le fondateur et patron de Facebook a annoncé le lancement du projet internet.org (www.internet.org) destiné à connecter les 2/3 de l’humanité (5 milliards de personnes) qui n’ont pas encore accès à l’Internet. Compte de l’immensité de la tâche, Facebook s’est associé d’autres géants des TIC (Ericsson, Mediatek, Nokia, Opera, Qualcomm et Samsung) pour mener à bien ce projet philanthrope et intéressé. Cette importante initiative, qui fait écho au projet Loon de Google auquel j’ai consacré mon article du 22 juin dernier et qui s’appuie essentiellement sur le mobile, a pour objectif de relever 3 principaux défis : – faciliter l’accès à l’Internet par une action sur les coûts (utilisation des réseaux, smartphones low cost) et la desserte des zones géographiques éloignées et/ou isolées ; – améliorer l’efficacité de la transmission des données dans les réseaux, notamment en investissant dans le développement de nouveaux outils et méthodes de compréhension des données ; – promouvoir, développer investir dans de nouveaux modèles d’affaires et de nouveaux services pour permettre au plus grand nombre de se connecter à l’Internet. Ce nouveau projet lancé des acteurs majeurs des TIC, après celui de Google, suscite en mois quelques réflexions : 1) Les opérateurs de télécom, dont les infrastructures seront peu ou prou utilisées dans ce genre de projets, semblent être marginalisés par ces nouveaux géants qui pondent et couvent leurs œufs leur nid: aucun d’entre eux n’est partie prenante de ces initiatives. Pour survivre, ils doivent rapidement reprendre la main ; 2) « Connecter les non connectés » semble être devenu une affaire intéressante, car, malgré les professions de foi, ces projets n’ont pas qu’un but humanitaire. C’est un puissant relais de croissance future pour tous ces grands acteurs de l’économie numérique. Répondant à une question sur Google et les supposés bénéfices que la connexion à Internet peut apporter aux populations déshérités, Bill Gates disait récemment : « quand vous êtes en train de mourir de paludisme et que vous regardez le ciel et voyez un ballon, je ne suis pas sûr que cela puisse vous être d’un quelconque secours. Lorsqu’un enfant a la diarrhée, aucun site web ne peut le soulager. Je crois très fortement à la révolution numérique : connecter des centres de santé, des écoles, c’est une bonne chose. Mais toutes ces choses ne sont pas vraiment pour les pays très pauvres tant que ne vous luttez pas en même temps contre le paludisme ». Je suis d’accord avec lui : il faut démythifier l’Internet tout en restant un fervent partisan de son utilisation massive et volontariste dans tous les domaines d’activité ; c’est un accélérateur de développement, mais pas une panacée ; 3) L’Afrique officielle semble être absente de toutes ces initiatives, trop silencieuse. Qu’attendent l’UA (NEPAD ?), la CEDEAO, la SADDC pour lancer des initiatives d’inclusion numérique réalistes, réalisables et à fort impact sur la vie des populations africaines ; 4) Toutes ces initiatives, pour importantes qu’elles sont, semblent s’en tenir à apporter les moyens techniques et technologiques d’accès à l’Internet : réseaux d’accès aux zones les plus reculés, terminaux d’accès à bas coût. Mais il est très peu fait état des contenus, notamment ceux destinées à ceux qui ne savant ni lire, ni écrire. C’est vrai que ces nouveaux moyens d’accès permettront tous les usages possibles et imaginables ; mais pour qu’ils soient vraiment bénéfiques au plus grand nombre et qu’ils aient un véritable impact positif sur nos sociétés et nos économies, c’est dès maintenant qu’il faut commencer à concevoir à développer les services et applications vocaux et vidéos à base de contenus africains. Il est encore temps pour l’Afrique de jouer sa partition pour ne pas rater le train de la révolution numérique. Merci et bonne journée

La vraie gouvernance sobre est une exigence rationnelle

La vraie gouvernance sobre est une exigence rationnelle

L’information a fait le tour de l’Afrique en septembre, même si elle n’a pas été suffisamment relayée et commentée: la Présidente Joyce Banda du Malawi vend son avion présidentiel au profit des plus pauvre. Cet avion, acquis par son prédécesseur à 22 millions USD, coûte 300.000 USD par an au contribuable malawite, alors que 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Bel exemple, symbole fort, mais surtout décision rationnelle. Le dirigeant d’un PPTE (pays pauvre très endetté) doit-il raisonnablement acquérir, essentiellement pour son confort, un avion qui coûte plusieurs millions de dollars en investissement et des centaines de milliers en charges courantes? Est-il raisonnable et conforme à l’éthique de s’offrir une limousine et des 8X8 d’apparat alors que des milliers d’enfants meurent de faim et de malnutrition, que des milliers de personnes meurent par manque d’hôpitaux et de centres de santé suffisamment proches, que les routes cahoteuses sont mortelles, que l’eau, source de vie, est rare, que la fourniture d’électricité est aléatoire? Est-il compréhensible que le Président d’un PPTE dispose de plusieurs centaines de millions de dollars de fonds politiques pour réaliser des dépenses non-essentielles, souvent improductives, parfois malfaisantes? Qu’on ne me parle pas d’attribut de souveraineté à propos de toutes ces choses secondaires! La vraie souveraineté commence par la capacité à organiser des élections démocratiques sans tendre la main à l’étranger, à assurer la gestion autonome de sa propre monnaie, …. La rupture commence par des gestes symboliques forts. Sans leadership fort et éclairé, point de salut pour l’Afrique ! Merci et bonne journée.

Innovation inversée, vous avez dit “reverse innovation”?

Innovation inversée, vous avez dit “reverse innovation”?

Ce jeudi 10 octobre 2013, j’ai participé à la 2ème édition d’une fort intéressante manifestation, l’IT Invest&Innovation Forum. L’initiative et le mérite sont à porter au crédit d’un sénégalais du nom de Mohamadou Diallo, Directeur de publication du l’excellent journal, CIO Mag (www.cio-mag.com ). Fait marquant : la Côte d’Ivoire était fortement représentée par le gotha du monde des TIC (ministre, Président et DG de l’agence de régulation, Président du Fonds du Service Universel) et par le Président de l’Association Professionnelle des Banques alors que le Sénégal institutionnel brillait par son absence. Simple constat. Des questions importantes y ont fait l’objet d’échanges fructueux et de haute facture : i) promotion des projets et solutions numériques innovants en Afrique ii) révolution numérique, politiques publiques et nouveaux instruments de soutien iii) rôle du capital investissement comme catalyseur de l’innovation iv) innovation : les enjeux du mobile banking/payment en Afrique v) villes intelligentes (smart cities), quels sont les atouts pour l’Afrique ?

L’évocation du concept d’innovation inversée (« reverse innovation » inventée et théorisée, semble-t-il, à l’Université de Princeton ?) par le modérateur du premier panel – Directeur associé d’un grand cabinet international connu – m’a fait bondir et m’a donné l’occasion de faire un recadrage théorique et historique sur la notion d’innovation. L’occasion était d’autant plus belle que j’avais porté la contradiction par écrit au même consultant en commentant une de ses interviews dans le journal l’Express du 7 octobre 2013. Il y avait doctement parlé en long et en large de l’innovation inversée avec force exemples tirés de réalisations prestigieuses faites en Afrique ; j’avais hâte de lui porter la contradiction.
L’innovation inversée est un concept condescendant qui désigne en quelque sorte toutes les réalisations innovantes nées dans les pays africains, sud-asiatiques et sud-américains, puis reprises, imitées par les pays développées d’Europe et d’Amérique du Nord. Quoi de plus normal pour une innovation que d’être imitée ; c’est le propre même d’une innovation, c’est le signe de sa réussite.

En clair, selon les tenants de ce concept absurde, l’innovation semble être l’apanage et la propriété d’une certaine partie de l’humanité (les humains du centre) ; les innovations réalisées par les autres (les humains de la périphérie) sont affublées du qualificatif quelque peu dévalorisant d’inversé. La réalité est que l’innovation est consubstantielle de l’évolution de l’humanité : de Toumaï à Steve Jobs, l’être humain a innové pour survivre, pour réussir, pour gagner.
De la maîtrise du feu à celle de l’atome, des sociétés humaines essentiellement régies par la loi animale du plus fort à celles policées par la morale et les valeurs religieuses, de l’usage de la pénicilline à la thérapie génique, des chaises à porteur de l’Egypte antique à l’Airbus A380, des tablettes sumériennes au Kindle – liseuse – d’Amazon, des cauris de l’empire du Mali au mobile money, … des êtres humains ont tout simplement eu l’audace de penser différemment, de sortir des autoroutes de la conformité et ont ensuite eu la volonté d’agir concrètement pour réaliser des choses qui améliorent la vie de leur communauté.
Au demeurant, force est de constater que la majeure partie des pays d’Afrique reste encore à la traine en matière d’innovation probablement à cause de certaines circonstances historiques, mais surtout à cause de l’égoïsme des élites politiques, intellectuelles et instruites et aussi d’une certaine passivité des peuples. Et pourtant, la seule façon de faire taire ces porteurs de théories et concepts ethnocentriques et condescendants, tous ceux-là qui nous aiment bien en nous regardant de haut est de jouer notre partition dans le concert des nations et de répondre honorablement présent au rendez-vous du donner et du recevoir. Pour cela, le chemin est celui de l’audace, de la créativité et de l’innovation.

« Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment »

Merci et bonne journée.